Extramentale + Sans titre (2016)
Extramentale et Sans titre (2016) présentent «Shrine Bright avec les travaux d’Indigo Lewin, Sabrina Röthlisberger et Gaia Vincensini à l’invitation de la galerie Huit.

Dans le cadre des Rencontres de la photographie, la commissaire Julia Marchand et son initiative curato- riale Extramentale et le project space nomade Sans titre (2016) s’associent pour proposer une exposition collective, à l’invitation de la galerie Huit. « Shrine Bright » sonne comme une ode à l’adolescence et ses rituels : esthétiques, amou- reux, d’appartenance ou de revendication. Extramentale présente le travail de Gaia Vincensini et Sabrina Röthlisberger, préalablement exposées sous les latitudes marseillaises lors de l’exposition « Sueurs Chaudes » (2017), consacrée au gothique féminin. Leurs œuvres s’apparentent à l’allure de mobilier, ou de vêtements, et seront confrontées aux photographies sensuelles et romantiques d’Indigo Lewin, présentée par Sans titre (2016).

La pratique de Sabrina Röthlisberger est marquée par son engagement féministe et son esprit de collec- tivité proche du modèle des guilds. En 2014, elle fonde, aux côtés de Loren Kagny, Giulia Essyad et Gaia Vincensini, le collectif de femmes LGG$B, diminutif de ‘Loren, Giulia, Gaia, Sabrina, Billionnaire’. Deux années auparavant, elle forme le groupe House avec Gaia Vincensini, qui incarne l’un des G de LGG$B. Dans un refus d’obédience aux règles du marché de l’art, l’artiste multiplie les formats de création, telle le salon de coiffure et les œuvres-mobiliers, qui revêtent, elle aussi un caractère domestique vindicatif. Animée par le désir de s’imprégner de la littérature féministe, elle constitue une bibliothèque itinérante intitulée ‘Notre Matrimoine’. GaiaVincensini est portée par ce même élan d’une « pratique de la proximité » qui sous-entend, chez elle, la réhabilitation de techniques anciennes de fabrication de l’image et la confec- tion de costumes urbains. Ainsi, la gravure devient le creuset de son expression personnelle et le lieu des résurgences de l’esprit gothique issues de son environnement le plus direct : la ville de Genève.

Tout au long de sa jeune carrière, la photographe anglaise Indigo Lewin (née en 1993) s’est employé à rendre sensible les addictions sentimentales et relationnelles : addition à l’autre, à son souffle, à la chair, douleur du manque et une fois celui-ci passé, éternelle obsession qui empêche parfois de se projeter dans d’autres possibles.
Sa vision fantasmée d’un amour adolescent, romantique et tourmenté se précise à chaque « fanzine ». Ces publications autoproduites et qui accompagnent chaque série, font montre de la volonté de la jeune photo- graphe de tout documenter, graver dans le temps et le papier.
« He Loves Me Not, » sa précédente série, racontait la relation obsessive, malsaine, la dépendance des adolescents fragiles au sexe et à l’amour, dans le contexte d’une accessibilité totale à l’autre grâce aux réseaux sociaux. Lewin se faisait tantôt voyeur, tantôt acteur de cette génération nostalgique, qui peine à se confronter à la réalité. Citant volontiersTaylor Swift « You’ll be the prince and I’ll be the princess. It’s a love story, baby, just say yes” elle égrenait les clichés, posant un regard amusé et lucide sur ses propres afflictions.
Pour cette nouvelle série, « Tender » le fétichisme laisse place à un regard plus empathique, généreux et compréhensif. La fougue de la jeunesse laisse place à la douceur, l’affection, la caresse, autant d’accepta- tions du terme «Tender » dans la langue anglaise.

Ces visions convergentes de la jeunesse et de ses passions se retrouvent pourtant en de nombreux points et laissent à voir une adolescence « emo », rebelle sans cause si ce n’est l’acceptation de soi et de l’autre.


À PROPOS D'INDIGO LEWIN

Indigo Lewin (b. 1993, Londres) vit et travaille à Londres. Elle a étudié à l’International Center for Photo- graphy de NewYork City dont elle est sortie diplômée en 2014 alors qu’elle fondait le collectif Girls Only avec la curatrice Antonia Marsh. Après avoir participé à de nombreuses expositions avec le groupe aux Etats-Unis, elle a déménagé à Londres ou elle a exposé à la Galerie Crates, à la Palm Tree Gallery ou encore à la galerie Cob. Elle exposera prochainement à Hauser and Wirth. Ses publications incluent iD, Numero, Purple.

A PROPOS DE SABRINA RÖTHLISBERGER

Sabrina Röthlisberger (1988) vit et travaille à Genève. En 2016, elle sort diplômée du master des Beaux- Arts de la HEAD et reçoit, un an après, le prix New Head Award / BNP Paribas et les bourses déliées du Fond cantonal d’art contemporain. Sa nouvelle performance a été retenue pour les Swiss Art Awards de cette année. Aux Urbaines de Lausanne (2017) les LGG$B ont travaillé sur un nouveau projet centré sur la jeune scène hip-hop de la région, en proposant une installation immersive, vestiaire ou bestiaire, mê- lant des sculptures, du son ainsi que deux vidéos réalisées en collaboration avec Ella Soto et SAWMAL. Elles ont été montrées à la SprintFair de Milan ou au Despacio de Costa Rica.

À PROPOS DE GAIA VINCENSINI

Gaia Vincensini (1992, Genève) a obtenu un Bachelor à l’HEAD et reçoit, avec Sabrina Röthlisberger, le prix New Head Award / BNP Paribas. Elle vit et travaille à Genève. Ses expositions individuelles et collaborations comportent : Billion Balances (LGG$B), Sprint, Milan; Treasure Island the wind among the reeves, avec Galaxia Wang, Reactor Gallery, Genève (2016); WARCRAFT (LGG$B), UP STATE, Zu- rich (2015);What are u feeled with, Genève; Expositions collectives: SUCS (LGG$B),Wallriss, Fribourg; Herstory, Tunnel Tunnel, Lausanne; Force, Pazioli, Renens; Aktuell Report, MJ Gallery, Genève (2016); Immortality, Forde, Genève; Swan Song, MJ Gallery, Genève; Enter the ghost, Genève (2015); Traveling Généalogique, Marbriers 4, Genève; HOUSE, Espace rien, Genève (2013).
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